Songs from Madagascar
18th of January, Wednesday, 19:00 pm
Popper Room, CEU (1051, Bp, Nádor u. 9)
Debussy: Scottish March
János Palojtay – piano
Zoltán Fejérvári – piano
Haydn: London Trion No. 1 in C major
Máté Bán – flute
Péter Tornyai – violin
Tamás Zétényi – cello
Debussy: Petit Suite
János Palojtay – piano
Zoltán Fejérvári – piano
Haydn: Divertimento No. 6 in D major
Máté Bán – flute
Péter Tornyai – violin
Tamás Zétényi – cello
Ravel: Songs from Madagascar
Emőke Baráth – voice
Máté Bán – flute
Tamás Zétényi – cello
Zoltán Fejérvári – piano
Haydn: London Trio No. 3 in G major
Máté Bán – flute
Péter Tornyai – violin
Tamás Zétényi – cello
Ravel: Mother Goose Suite
Zoltán Fejérvári – piano
János Palojtay – piano
Évariste de Forges de Parny
I. Nahandove
Nahandove, ô belle Nahandove!
L’oiseau nocturne a commencé ses cris,
la pleine lune brille sur ma tête,
et la rosée naissante humecte mes cheveux.
Voici l’heure; qui peut t’arrèter,
Nahandove, ô belle Nahandove!
Le lit de feuilles est prépare;
je l’ai parsemé de fleurs
et d’herbes odoriférantes;
il est digne de tes charmes,
Nahandove, ô belle Nahandove!
Elle vient.
J’ai reconnu la respiration précipitée
que donne une marche rapide;
j’entends le froissement de la pagne
qui l’enveloppe; c’est elle,
c’est Nahandove, la belle Nahandove.
Ô reprends haleine, ma jeune amie;
repose-toi sur mes genoux.
Que ton regard est enchanteur!
Que le mouvement de ton sein est vif
et délicieux sous la main qui le presse!
Tu souris, Nahandove, ô belle Nahandove!
Tes baisers pénètrent jusqu’à l’âme;
tes caresses brûlent tous mes sens;
arrête, ou je vais mourir.
Meurt-on de volupté,
Nahandove, ô belle Nahandove!
Le plaisir passe comme un éclair.
Ta douce haleine s’affaiblit,
tes yeux humides se referment,
ta tête se penche mollement,
et tes transport s’éteignent dans la langueur.
Jamais tu ne fus si belle,
Nahandove, ô belle Nahandove!
…Tu pars, et je vais languir
dans les regrets et les desirs.
Je languirai jusq’au soir.
Tu reviendras ce soir,
Nahandove, ô belle Nahandove!
II. Mefiez-vous des blancs
Aoua! Aoua! Méfiez-vous des blancs,
habitans du rivage.
Du temps de nos pères,
Du temps de nos pères,
des blancs descendirent dans cette île.
On leur dit: Voilà des terres,
que vos femmes les cultivent;
soyez justes, soyez bons,
et devenez nos frères.
Les blancs promirent, et cependant
ils faisoient des retranchemens.
Un fort menaçant s’éleva;
le tonnerre fut renfermé
dans des bouches d’airain;
leurs prêtres voulurent nous donner un Dieu
que nous ne connoissons pas;
ils parlèrent enfin d’obéissance
et d’esclavage.
Plutôt la mort!
Le carnage fut long et terrible;
mais malgré la foudre qu’ils vomissoient
et qui écrasait des armées entières,
ils furent tous exterminès.
Aoua! Aoua!
Méfiez-vous des blancs!
Nous avons vu de nouveaux tyrans,
plus forts et plus nombreux,
planter leur pavillon sur le rivage.
Le ciel a combattu pour nous.
Il a fait tomber sur eux les pluies,
les tempêtes et les vents empoisonnés.
Ils ne sont plus, et nous vivons,
et nous vivons libres.
Aoua! Aoua!
Méfiez-vous des blancs,
habitans du rivage.
III. Il est doux de se coucher
Il est doux de se coucher, durant la chaleur,
sous un arbre touffu, et d’attendre
que le vent du soir amène la fraîcheur.
Femmes, approchez.
Tandis que je me repose ici
sous un arbre touffu, occupez mon oreille
par vos accents prolongés.
répétez la chanson de la jeune fille,
lorsque ses doigts tressent la natte,
ou lorsq’assise auprès du riz,
elle chasse les oiseaux avides.
La chant plaît à mon âme.
La danse est pour moi presque aussi douce
qu’un baiser. Que vos pas soient lents;
qu’ils imitent les attitudes du plaisir
et l’abandon de la volupté.
Le vent du soir se léve;
le lune commence à briller au travers
les arbres de la montagne.
Allez, et préparez le repas.
English translation by Steven Ledbetter:
I. Nahandove
Nahandove, o fair Nahandove!
The night bird has begun its cries,
the full moon illumines my head,
and the early dew moistens my hair.
This is the hour; who can be keep you away,
Nahandove, o fair Nahandove!
The bed of leaves is ready;
I have strewn it with flowers
and with aromatic herbs;
it is worthy of your charms,
Nahandove, o fair Nahandove!
She comes.
I recognized the rapid breathing
of hurried walking;
I hear the rustling of the cloth
that covers her; it is she,
it is Nahandove, the fair Nahandove.
O take breath, my young love,
rest on my lap.
How enchanting is your glance!
How lively and delicious is the movement
of your breast under the hand that presses it!
You smile, Nahandove, fair Nahandove!
Your kisses penetrate to the soul;
your caresses set all my senses on fire!
Stop, or I shall die.
Can one die of voluptuous pleasure,
Nahandove, o fair Nahandove?
The pleasure passes in an instant.
Your sweet panting grows gentler,
your moist eyes close again,
your head droops wearily,
and your rapture yields to languor;
Never were you so beautiful,
Nahandove, o fair Nahandove!
…You leave me, and I shall languish
amid regrets and desires.
I shall languish until evening.
You’ll come back this evening,
Nahandove, o fair Nahandove!
II. Beware of the white men
Aoua! Aoua!
Beware of the white men,
dwellers on the shore.
In our fathers’ time
white men descended upon this island.
One of them said: Here is land,
let your wives cultivate it;
be just, be good,
and become our brothers.
The white men promised, and meanwhile
they were building entrenchments.
A menacing fort arose;
thunder was enclosed
in bronze mouths.
Their priests wanted to give us a god
we do not know;
finally they spoke of obedience
and slavery.
Rather death!
The carnage was long and terrible,
yet for all the lightning bolts they spat forth,
which destroyed entire armies,
they were utterly exterminated.
Aoua! Aoua!
Beware of the white men!
We have seen new tyrants,
stronger, and more numerous,
plant their banners on the shore.
Heaven fought for us.
It dropped rains upon them,
and tempests and poisonous winds.
They are no more, and we live on,
and we live free.
Aoua! Aoua!
Beware of the white men,
dwellers on the shore.
III. It is good to lie down
It is good to lie down in the heat of the day,
under a leafy tree, and to wait
until the evening wind brings freshness.
Women, approach.
While I rest here
under a leafy tree, delight my ear
with your soothing voices.
Repeat the song of the young girl
while she braids her hair
or, while sitting by the rice patch,
chases the greedy birds away.
The singing is pleasing to my spirit.
Dancing for me is almost as sweet
as a kiss. Step slowly;
imitate the poses of pleasure
and the surrender to voluptuous bliss.
The evening wind awakens;
the moon begins to shine through
the trees on the mountain.
Go, and prepare the meal.
